Décidément, quel Cirque !
Mon manuscrit « Le Cirque Rouge » n’a décidément jamais aussi bien porté son nom. Ce film « le combat d’une mère » coproduit par TF1 et Septembre Production, sous la houlette du réalisateur Jean Nainchrick diffusé en ce début d’année, film qui a été vu par des milliers de téléspectateurs belges et français est une véritable caricature. Une bien mauvaise resucée du film « le Pull over rouge de Michel Drach »
.J’ai par ailleurs regardé l’émission de télévision Direct 8, puis écouté celle de Jean Marc Morandini sur Europe1 ; un vif débat entre Gérard Bouladou l’ancien policier, un passionné du dossier et Maître Le Forconney. J’ai été consterné de découvrir ce dernier, muré dans sa robe de « candide » et resservir à son auditoire sa rengaine désuète: « Le dossier se devait d’être parfait concernant la peine capitale encourue! » Alors pourquoi ne pas l’avoir mieux construit, surveillé et défendu aux Assises ?»
Ce n’est pas une découverte, Ranucci n’était pas seul face à ses juges, mais au contraire bien entouré et défendu. Hormis une partie de la presse locale et nationale il y avait tout de même ; Un ténor du barreau de Marseille, Paul Lombard, le Bâtonnier Chiappe, ainsi que Maître Fraticcelli que l’on ne peut présenter comme un parfait naïf. Aujourd’hui, on nous explique, qu’à l’époque des faits, bien qu’une partie de la presse leur était favorable, (ils avaient tous table ouverte chez un ténor du barreau, cela crée des liens, non !) ces avocats ont, aller savoir pourquoi, omis de crier haut et fort que l’instruction était « bâclée », instruite uniquement à charge et que les policiers avaient torturé leur client pour obtenir des aveux, et que des témoignages étaient escamotés, lesquels ? Ceux des tentatives d’enlèvement d’enfants par Ranucci ou ceux plus fantaisistes du faux témoin Mattei ? Ou encore peut être bien de Daniel Moussy qui dit que tout cela est faux ! Comble de l’horreur aucune trace du fait que l’on a tranché un bout de son oreille pour le marquer comme pédophile. Et tout cela à un moment crucial de l’instruction, où tout est encore possible. Des faits, qui s’ils étaient avérés sont passibles de poursuites.
Décidément, je n’en trouve trace nulle part dans le dossier d’instruction. Pas la moindre trace de protestation concernant ces détails que l’on monte en épingle aujourd’hui ; Ces errements qui justifieraient, nous dit on aujourd’hui, l’innocence de leur client. On a donc laissé faucher une tète en connaissance de cause ? N’y a-t-il pas là une part importante de la responsabilité des avocats de Ranucci ? Cela ne s’apparente t’il pas à : « Non assistance à personne en danger ? »
J’en ai assez d’entendre dire n’importe quoi. Qui croire ? La parole de Ranucci lorsqu’il avoue : Je suis coupable » et donne toutes les preuves de sa culpabilité ? Ou le Ranucci innocent, qui affabule et ne peux par contre rien prouver ? Allons nous subir encore longtemps des Avocats qui tournent en rond en se lamentant depuis trente ans sans jamais rien démontrer de ce qu’ils avancent ?
Allons demain au bout de cette mascarade indigne de la robe qu’ils portent.» Car ils créent en se comportant ainsi un climat malsain, génèrent un harcèlement continu à notre encontre. J’irai demain sereinement et très volontiers dans le sens qu’évoque Maître Jean François le Forçonney, trop de mensonges sont dits, trop d’erreurs colportées, trop de doutes soulevés, c’est aussi mon sentiment. Alors il suffit q’ils engagent un procès en responsabilité sur le fond du dossier, et je m’engage à me joindre à la requête! Le procès Ranucci ne sera pas révisé mais cette piste là, ne peut leur être refusée. Leur honneur est en jeu.
En attendant, le résultat immédiat de ces émissions est très significatif du malaise engendré, une partie du public en ressort systématiquement perturbé, persuadé que quelqu’un ment, tout en augmentant la défiance du système judiciaire actuel. Un résultat à priori positif pour les tenants du doute, de l’innocence, qui peuvent d’ores et déjà envisager une suite, produire encore une autre émission, encore un autre téléfilm. Gagner encore de l’audience, plus de blé sur le sang des victimes, sur ma fille, sur la mère de Christian Ranucci. Chez ses gens là, déterrer un cadavre rapporte gros.
La Bible nous rapporte que Jésus en son temps chassa les marchands du temple… La République Française décidément les protège au nom de la sacro sainte liberté d’expression. Cette exploitation trop souvent mercantile, dérive cathodique abusive se trouve souvent sans aucun fondement et n’a pas de limite. Livres, films, cassettes vidéo, expositions de peintures, jeux, où l’on trouvera désormais des « Aquarelles » peintes à la hâte représentant le condamné « Ranucci aux menottes ». Tous cela, fait l’objet d’un culte morbide qui rapporte. Aujourd’hui, des familles brisées en font les frais, moralement, physiquement supportant l’innommable sans que la justice ne s’émeuve, ne s’empresse de faire cesser ce calvaire que nous devons endurer.
A l’identique, l’affaire Villemin, une autre petite victime en proie aux vautours du petit écran. Les victimes s’opposent à l’exploitation de leur malheur. Hélas, rien ne leur sera épargné, l’acharnement allant jusqu’à utiliser leur nom de baptême. Conscientes des dommages consécutifs à tous ces mensonges divulgués dans ces téléfilms, les victimes potentielles demandent à visionner au préalable le sujet afin de s’assurer que seule la vérité du dossier judiciaire sera dite, que rien ne pourra venir blesser à nouveau sans bonne raison leur sensibilité, troubler leur droit à l’oubli. Malheureusement, cela s’avère peine perdue ! En effet, le tribunal déboute généralement les plaignants, au motif qu’ils pourront, après que le dommage irrémédiable soit causé, poursuivre les réalisateurs. Mais la douleur, ce mal insidieux qui retourne le coeur, donne envie de mourir sera fait, et bien fait. OUTREAU réel constat d’impuissance des services judiciaires, n’a toujours pas porté ses fruits et n’en portera pas dans ce domaine. A croire que la pauvreté invoquée de cette institution judiciaire est un leurre. Le manque de magistrats un rêve. La surcharge des tribunaux un délire médiatique… Le principe de précaution, dont on nous rabache journellement les oreilles un phantasme… Comme si de fait, la justice ayant tellement peur de manquer de plaignants à la barre, prévoyante, s’assure un retour des dossiers.
Mon malheur est à l’identique du cas Villemin, avec le téléfilm de TF1, « la mère » tourné cette même année par la société Septembre Production. A l’exception, que j’ai eu effectivement gain de cause, obtenant le droit de visionner le film en première instance quatre mois avant toute diffusion du téléfilm, la satisfaction hélas fut de courte durée. Un leurre en fait, car dans le silence des couloirs de la justice, Septembre Production a aussitôt fait appel de cette décision afin de nous voir retiré ce droit acquis, revenant sur l’engagement donner sans contrainte, et ce avant toute condamnation par le tribunal! Nous retirions de l’instance, l’arrêt immédiat du tournage et Septembre Production assurait nous communiquer le scénario. Artifice de prétoire, effet de manche qui avait fonctionné. Il fallait pour le réalisateur, à tous prix nous empêcher de nous opposer préalablement à l’utilisation éventuellement tronquée des circonstances de la mort de notre enfant, aux dérives projetées qui allaient intimement coller aux mensonges plus largement répandus par la thèse du livre le Pull over rouge de Perrault. Porter ainsi au pinacle la mère d’un meurtrier ratisserait-il un plus large public chez les concurrents de TF1? Ces producteurs en mal de sensations fortes, devraient planter avec plus de bonheur leurs caméras dans certains pays chauds et turbulents. Là, à peu de frais, ils auraient de quoi faire leur beurre et faire monter la pâte en moins de 56 minutes.
Mais ils sont malins, nos producteurs et cela, c’est pas du cinéma, malgré l’interdiction que j’avais obtenu de diffuser, ils ont vendu en douce à Canal + les bobines du film qui a bien entendu diffusés à une heure de grande écoute, sans que le président du tribunal mis au fait, après coup ne s’en émeuve ! Je dois, moi, respecter à la lettre la loi, sinon l’on m’expliquera fermement que « nul n’est sensé l’ignorer cette Loi ». Les autres alors ?
Pourquoi ne pas les respecter, ces Lois de la République ? Celles-ci par exemple
Art. 434-25 Le fait de chercher à jeter le discrédit, publiquement par actes, paroles, écrits ou image de toute nature, sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice ou à son indépendance est puni de six mois d’emprisonnement et de 7500 Euros d’amende.
Les dispositions de l’alinéa précédent ne s’appliquent pas aux commentaires techniques ni aux actes, paroles, écrits ou images de toutes nature tendant à la réformation, la cassation ou la révision d’une décision.
Lorsque l’infraction est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsable.
L’action publique se prescrit par trois mois révolus, à compter du jour ou l’infraction définie au présent article a été commise, si dans l’intervalle, il n’a été fait aucun ace d’instruction ou de poursuite.
V.anc.226,C.pén ;J-CL Pen, Discrédit sur une décision juridictionnelle par A.VITU
Et plus particulièrement celle là.
Art 1382 du Code Civil – « Indépendamment des dispositions spéciales concernant la presse et l’édition et eu égard au droit du public à l’information, l’auteur d’une œuvre relatant d’effet historique engage sa responsabilité à l’égard des personnes concernées lorsque la présentation des thèses soutenues manifeste par dénaturation, falsification ou négligences graves à mépris flagrant pour la recherche de la vérité civile civ.1) 15 juin 1994 »
Et donc, tout comme pour l’affaire du petit Grégory, nous avons perdu en dernier ressort Piétiné le principe de précaution. Mais où est donc la justice dans tout cela ? Où est le droit des victimes, à l’oubli, au respect ? Tous ces gens qui nous malmènent, nous utilisent, n’ont-ils pas d’enfants ? Mais au-delà, sur le fond, je crois avoir compris la démarche des avocats de Septembre Production. Contrairement à ce qu’en disent certains média ce n’est pas en ce basant sur la liberté qu’ils cassent le jugement, mais sur une erreur évidente de ma part, un mauvais conseil. Attaquant Septembre Production, nous aurions du citer conjointement le diffuseur associé, en l’occurrence TF1. La société Septembre Production qui réalise techniquement le film, n’était pas en mesure de le diffuser sans l’aide de son associé TF1. Aussi lorsque nous citons et obtenons gain de cause à l’encontre de Septembre Production, le juge d’appel ne peux que constater que ces derniers ne sont pas maître du jeux n’en contrôlent pas la diffusion et que donc, la sanction rendue est inapplicable à leur endroit en l’état. Donc, casser le premier jugement est tout à fait justifié.
Dans le même temps, comme une mauvaise nouvelle chasse l’autre, j’apprends que la promotion de la sortie officiel du livre ‘ l’Ombre de Ranucci’ chez Fayard, se déroule a Apt 84400, chez un libraire de la place St Pierre. Livre prônant l’apologie d’un meurtre, terme qui sera d’ailleurs employé par mon avocat qui prend aussitôt contact avec le procureur de la république de cette ville. Scandaleux, pour la promotion du livre, ils se sont adjoint le concourt d’un artiste peintre qui a peint un tableau représentant Ranucci menotté…et mis en place un grand raout tournant autour du criminel Ranucci. Une exposition complète de ses œuvres, photos, peinture. Là très à l’aise, Gilles Perrault entre deux verres, dédicace souriant à ses clients le recueil de ses tout derniers mensonges ! J’espérais, à tord que cette fois, la justice ne tolérerait pas cette infamie, tout comme lors du procès engagé par les policiers chargés de l’enquête, que Perrault accusait de forfaiture et que cette fois il trinquerait, mais cette fois à la santé de la vérité et non pas de ses profits! Et bien NON. Décidément, La justice passe, et la vérité trépasse.
La lecture attentive de « l’ombre de Christian Ranucci » n’est qu’un piètre raccourci de son premier roman, « Le Pull-over rouge » et laisse la place à quelques remarques. Perrault maintenant, nous parle non plus d’un chien, mais de deux. : « Page 25 : « Les personnages les plus importants furent non pas tel ou tel éminent Magistrat, mais deux chiens» Le premier, évoqué par un officier de Gendarmerie, le second par le commissaire de police ». Bizarre… Page 117 : « À la fin de ses « aveux», et malgré les dénégations de Christian, on lui avait demandé d’enfiler le pull-over, il flottait dedans. (Ce qui par ailleurs est faux) Page 216 : « L’occultation délibérée du témoignage de Daniel Moussy». Pour finir par inventer un patriotisme marseillais. N’allant pas encore jusqu’au complot ! : «Le capitaine Gras, extravague à propos d’une voiture fantôme, ou que le commissaire Alessandra mente sans vergogne en m’accusant de mensonge ». Il n’oublie pas non plus redevenant le petit militant qu’il n’a jamais cessé d’être d’égratigner au passage : « Gaston Deferre, des « truands notoires », sa clientèle habituelle, lui proposèrent d’intervenir dans les sales de projection marseillaises pour saisir les copies du film « le pull rouge » et les brûler ». Ou les condamnations, plusieurs années plus tard d’Arreckx Maire de Toulon, ou d’Alain Joissains dans des affaires d’abus de biens sociaux et complicité de recel de fausses factures.
Perrault n’hésite pas à nous donner en prime des détails inédits sur une affaire Deveaux, un jeune boucher qui fut condamné pour avoir poignardé la fillette de ses patrons, puis acquitté par une autre cour d’assises. Il aurait pu tout aussi bien nous livrer les dessous de l’affaire Luc Tangorre, qui par certains cotés est le calque parfait de l’affaire Christian Ranucci. Oui mais là, le bas blesse durement ses propos.
Maître Pierre Vidal Naquet : « Quand je reçus en 1983 le livre de Jean-Denis Bredin, L’Affaire, je lui écrivis à peu près immédiatement qu’il était bien de venger l’honneur du capitaine, (Dreyfus) mais qu’il y avait à Marseille, aux Baumettes, un jeune homme condamné pour une série de viols. L’histoire, que je raconte à la fin du tome II de mes Mémoires, peut se résumer ainsi : pendant l’été de 1983, j’appris d’un de mes neveux qu’un de ses camarades, Luc Tangorre, étudiant en gymnastique, avait été condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour une série de viols dans les quartiers sud de Marseille. Il protestait avec la dernière énergie de son innocence, paraissait avoir des alibis sérieux. Jean-Denis Bredin et mon propre frère, avocat à Marseille, prirent son affaire en main. Une jeune femme, chercheuse au CNRS, avait pris la tête du Comité de soutien. L’homme impressionnait. Mon frère alla le voir en prison et me dit : « Ou bien il est innocent, ou bien il faut l’engager tout de suite à la Comédie française. »
Je me battis sur tous les terrains, allait voir Robert Badinter puis François Mitterrand. Une grâce partielle lui fut accordée en 1988 et il sortit de prison. Hélas, on apprit que, le 29 mai 1988, un jeune homme qui lui ressemblait comme un frère avait violé deux étudiantes américaines. Mon frère fit son devoir d’avocat jusqu’au bout, mais le dossier de l’accusation était cette fois solide, et il aurait fallu d’immenses complicités pour le supposer truqué, et je ne pus m’en convaincre. J’avouai mon erreur après la condamnation, et Le Monde publia mes regrets dans son numéro du 15 février 1992. Je sais très bien que, depuis, ma parole a perdu singulièrement de poids. François Hartog, ici présent, se souvient certainement qu’il m’avait mis en garde dès les premiers jours contre la comparaison que j’avais faite entre l’affaire Tangorre et l’affaire Dreyfus, identifiant par exemple l’expert psychiatre qui avait enfoncé Luc Tangorre dans la première affaire à l’ineffable Bertillon, l’expert en graphologie de l’accusation contre Dreyfus. François Mitterrand lui-même avait été hésitant : « Je comprends, me dit-il, qu’on soit accusé à tort d’un viol, mais de dix viols ? Comment est-ce possible ? » J’avais dans mon camp sa secrétaire, Paulette Decraene, et son épouse Danielle. Ce n’est pas un souvenir dont je sois particulièrement fier aujourd’hui.
Voila une affaire incroyable qui nous rappelle singulièrement, toutes les postures, et démarches engagées à l’identique pour Christian Ranucci. Comme quoi, il ne suffit pas de tutoyer le langage administratif ou judicaire pour preuve de compétences en matière d’injustice .Toutes choses qui à priori n’inquiètent nullement TF1 en faisant réaliser « Le combat d’une mère ».
Bien entendu les magazines de programmes de télé regorgent d’information afin d’engager le spectateur à regarder TF1 pour exemple de ce qu’ils diront: « Ce téléfilm retrace le fait divers qui a abouti à l’abolition de la peine de mort. Nous avons tout vérifié. Récemment, une piste s’est ouverte autour de la présence du tueur en série Michel Fourniret dans la région à cette période. On a du mal à y croire et pourtant « tout est vrai affirme le producteur Jean Nainchrik. Nous avons tout vérifié et n’avons rien inventé. » Sur un autre magazine : TELEFILM TF1: « Ranucci non coupable !». Ranucci est-il coupable ou nom ? Catherine Frot : « Moi je dirais non coupable. » - Le scénario d’Alain Godard se fonde, lui, sur des faits avérés, des décisions de justice et des articles de presse mais pas sur l’ouvrage de Gilles Perrault. » (Seules les réactions de la mère de Ranucci relèvent de la fiction !)
En lisant cela je serre les poings…Alain Godard ira jusqu’à déclarer : « Il pouvait d’ailleurs difficilement en être autrement car peu d’ouvrages ont été écrits depuis le Pull over rouge !» Une douzaine au minimum voulait il dire. C’est peu en trente ans je vous l’accorde pour un sujet comme celui là! Et je ne compte pas les émissions de télévision. Je ne vais pas revenir en détail sur les contradictions évidentes, mais la lecture de ces présentations somme toute partisanes m’interpelle et mérite tout de même de s’y attarder: Pourquoi laisser croire dans ces magazines de présentation des programmes TV que la piste du tueur en série Michel Fourniret est toujours d’actualité, puisque le producteur non plus ne peut ignorer dès le montage final du film, que cette piste ne menait nulle part et que la justice a définitivement clos le sujet, sinon dans le but de mettre préalablement le spectateur en position favorable au doute que l’on veux faire passer…
Pourquoi mettre à l’actif d’un enfant de 6 ans, qu’il était passionné d’automobile et connaissait parfaitement les marques et les modèles de voitures ? Tout en sachant bien que cela est en totale contradiction avec le procès verbal de la plainte d’enlèvement déposée une heure seulement après la disparition avérée ? En présence de policiers, mon fils montrera dans la cour de l’hôtel de police, une automobile qui n’a de près ni de loin rien à voir avec une Simca 1100 ! Décidément, c’est dans le droit fil d’un Gilles Perrault passé maître dans cet exercice. Le combat d’une mère, est un document présenté dans la presse spécialisée comme sérieux mais qui distille un peu de vrai en le caricaturant grossièrement pour amener le téléspectateur a pensé que le vrai est faux et inversement. C’est là, seulement l’exploit du téléfilm de TF1. Exemple ; La scène où l’on voit un policier allait chercher au bureau et présenter au Président de la Cour d’Assises un Procès Verbal qui met en cause un sadique en Pull over vert, le spectateur va tout naturellement penser, c’est idiot, ils poussent, la plaisanterie un peu loin. Ce ne peut être que faux ! Et bien non, cela est vrai ce PV existe bien… il y avait bien eu cette plainte autour de l’affaire Ranucci. Puis, enfin, on fait essayer à Ranucci un Pull over rouge tellement grand qu’il a l’air en robe de chambre ! C’est encore faux, Ranucci refusera de l’essayer. Dommage, sachant que le Pull over rouge que conserve le greffe du Tribunal d’Aix en Provence, est en maille fine, et que ces mensurations au centimètre près correspondent à une taille ( L ) pouvant donc parfaitement correspondre la taille de Ranucci et donc sûrement pas un XXL comme TF1 le sou tend par l’image.
De toute manière, avec seulement 30% de téléspectateurs, l’affaire ne semble plus faire vraiment recette pour eux et le retour sur investissement négatif. J’ai donc après avoir vu une nouvelle fois l’effet dévastateur sur ma famille et sur mon petit Jean Baptiste qui lui aussi regardait le film du fond de sa cellule, décidé de réagir et de donner au public mon opinion, de défaire à l’antenne ces mensonges grossiers, cette caricature de vérité.
Je ne serais pas le seul à m’élever contre cette exploitation de la douleur, de la calomnie, puisque Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle viennent à peine de déposer plainte pour diffamation contre France3, pour le film : « l’affaire Villemin » diffusé lui fin octobre. Mais revenons à nos moutons, TF1, nous fait là encore l’éclatante démonstration que pour arriver à ses fins et rentabiliser une opération financière, tous les moyens, mêmes les plus discutables sont bons. « Le combat d’une mère » dont la sortie avait été retardée par mon action judiciaire qui a fait long feu devant le tribunal, était préalablement destiné à la commémoration des trente ans de l’abolition de la peine de mort. Faute de mieux, le téléfilm tombait à pic pour la célébration de l’inscription de l’interdiction de la peine de mort dans la Constitution Française. J’ai cru un instant que le Président de la république avait des manches dans la rédaction de TF1….
Dans la longue cohorte des romanciers en mal de sujets inédits et saignants qui ont pris parti et endossé la thèse de Perrault, se rajoute en cette année 2006 le nom de l’avocat de Ranucci, Jean- François le Forconney qui, il tournait autour depuis longtemps selon la rumeur, s’est mis au goût du jour, s’essayant à l’écriture dans le but de confesser publiquement que ce jeune homme de 20 ans qu’il a conduit au pied de l’échafaud, hante ses nuits. Bien entendu, il n’oublie pas dans l’ouvrage sensé lui octroyer la paix de l’âme, quelques méchants coups de plume à l’endroit du policier Gérard Bouladou pour son récent livre « Ranucci coupable». Je comprends son attitude, avec déjà un fantôme de 20 ans qui hante ces nuits, le petit cadavre de ma fille le reste du temps, c’est assez dur comme cela sans lui rajouter des certitudes affreuses celles là qui perturberont encore plus ses petits matins gris. De surcroît en se disant, encore et toujours, mais qu’ai je fait de ces 20 ans ! Pas toujours facile d’assumer un choix.
Je me demande pourquoi alors même que certaines chaînes de télévisions se sont précipitées nuitamment à la porte de mon petit appartement pour espérer, peut être filmer les yeux encore rougis de mon épouse et de moi-même, la presse reste si frileuse à publier un communiquer de presse de notre part ? Hormis l’Hebdo MARSEILLE aucun encore n’a publié ma lettre ! Question importante qui me traverse l’esprit A TF1, à ton demandé à Héloïse Mathon qui vit misérablement de ce que j’en sais, son avis sur le sujet ou mieux encore proposé de partager les gains faramineux que son malheur produit ?
Pour en terminer, voila ce que vous n’avez peut être pas lu dans vos journaux de presse écrite ou télé :
Consternant ! Décidément TF1 n’en perd pas une ! Lamentable, c’est le terme juste pour dire ce que je pense de ce téléfilm réalisé par Septembre Production pour la chaîne TF1 et diffusé ce lundi soir. Un court métrage qui peut aisément se placer en tète aux Oscars de la désinformation. Une coproduction dans le droit fil des « bidonnages» dont TF1 est coutumière. Faux interview de Fidel Castro, faux sauvetage d’un bébé Irakien par PPDA… Et j’en passe. Sur le fond, je comprends que certains se battent contre la peine de mort. Mais, est-ce bien nécessaire d’employer pour cela, la ruse, le mensonge ? Alexandre Dumas disait : On peut violer la vérité à condition de lui faire de beaux enfants !» En fait, TF1 nous fait l’éclatante démonstration que pour arriver a ses fins, tous les moyens, mêmes les plus discutables sont bon. Le combat d’une mère, qui distille un peu de vrai en le caricaturant grossièrement pour amener le spectateur a penser que le vrai est faux et inversement, est une réussite. Lamentable. Une bien pale copie du film Le Pull over rouge de Michel Drach.
Pierre Rambla. »