Etre ou ne pas être…
Réponse a une question sensible, qui interpelle plusieurs internautes et concerne le coté obscure de Ranucci et les enlèvements d’enfants évoqués, était il pédophile ?
Comme je crois que la question, va au delà de mes compétences et mérite une réponse appropriée sur laquelle je me garderai moi-même de poser un jugement définitif, je propose la réponse, extraite d’un interview donner par l’avocat de Christian Ranucci lui-même, Maître Jean-François le Forsonney, plus compétant et qui a eu l’avantage d’entrevoir ce milieu particulier lors de la retentissante affaire de l’enlèvement puis du meurtre du Pasteur Doucé… Homosexuel intéressé par toutes les déviances et plus particulièrement le petit monde clandestin des pédophiles. Voici donc l’extrait de ce qu’il en conclut dans « Dossier.Ranucci » que nous avons pu nous procurer.
Jean François Le Forsonney, S.I : « A l’époque, j’étais encore un gamin. Aujourd’hui, je ne raisonnerais peut-être pas de la même façon. Mais ce qui me frappait chez ce garçon, c’était sa passivité. L’expérience vous apprend que l’on peut toujours expliquer les comportements humains.
Ce qui était très déroutant chez Ranucci, c’est que durant le premier tiers de l’instruction, où il ne niait pas sa culpabilité, on ne s’expliquait pas de manière rationnelle pourquoi il avait pu enlever un enfant. Car, avant de s’interroger sur sa culpabilité et sur l’assassinat, il fallait expliquer l’enlèvement. Etait-il concevable d’enlever une petite fille de huit ans pour aller se promener avec elle? Oui, si l’on est un peu pervers ou pédophile. Mais vraiment ce garçon n’avait rien de cela. Rien, dans son passé, ne pouvait le justifier. Et dire à une petite fille “monte dans ma voiture, on va aller se promener”, pour moi c’est aussi transgressif que de la tuer. C’est en tout cas du même ordre.
Donc, quand je le prenais en amont et que je lui disais “Mais Ranucci, quelle idée vous a pris de faire monter cette gosse à bord?”, j’avais affaire à un mur. Au début, il était dans sa culpabilité, il disait “oui, bon, je l’ai emmené promener, je ne savais pas”, puis après, petit à petit, il s’est mis à dire “ce n’est pas moi qui ai fait cela”, ou “non, je n’ai pas enlevé cette gosse, je ne me souviens pas d’avoir enlevé cette gosse.”
En vérité, cette affaire est diabolique. Quand on en discutait avec Lombard, on n’arrivait pas à comprendre pourquoi les témoins de l’enlèvement, Jean Rambla et Eugène Spinelli, ne reconnaissaient pas Ranucci ni sa voiture. Et là Ranucci ne nous était pas d’une grande utilité.
Mais encore une fois Ranucci ne peut être coupable du meurtre que s’il est coupable de l’enlèvement. S’il n’est pas coupable de l’enlèvement, il n’est pas coupable du meurtre. A moins qu’il n’ait croisé, à un moment, la route de l’assassin; au pire il est complice. Mais pourquoi n’en n’a-t-il jamais parlé? Pourquoi s’est-il laissé guillotiner sans dénoncer quiconque? C’est très problématique. Je n’ai pas d’explication sur ce qui s’est passé, Perrault non plus.
Pour répondre à votre question, je me suis vraiment interrogé sur sa culpabilité quand on a commencé à raisonner sur le pull-over rouge et quand Mme Mattei nous a dit avoir eu affaire à un individu au pull-over rouge.
Lorsqu’elle est venue me dire que ses enfants avaient été importunés par cet individu, j’ai d’abord cru à un témoignage de complaisance. Puis je me suis aperçu, en compulsant la presse, que le contrôleur général Cubaynes étayait son témoignage en commentant l’arrestation de Ranucci, puisqu’il disait: “l’individu n’en n’était pas à sa première tentative, à son premier méfait, puisqu’il avait déjà agressé des enfants”, et là il citait indirectement Mme Mattei. Cela signifiait donc qu’elle avait déposé à l’époque et qu’après confrontation avec Ranucci, elle ne l’avait pas reconnu, et que par conséquent ce ne pouvait être lui. J’en ai donc conclu qu’elle disait la vérité.
Le pull-over rouge posait donc un vrai problème. Et sa présence dans la galerie était parfaitement incongrue. Il était tout neuf, trop grand pour Ranucci, rouge vif; ce n’était pas un pull-over ordinaire. Et de plus, on était au mois de juin. Mais personne ne savait ce qu’il faisait là, ni Rahou, ni Guazzone. Personne.
Non, il y a, à l’évidence, chez Ranucci un blanc entre son accident et son réveil dans la champignonnière. Soyons prudent avant d’en tirer des conclusions définitives, mais s’il est bien l’assassin de la fillette, cela fait de lui un coupable préoccupant, car il va chercher du secours pour se faire sortir de la galerie, attirant ainsi sur lui l’attention de témoins. Et il n’a vraiment pas l’air de quelqu’un qui vient de tuer une gosse.
- N’avez-vous jamais perçu, dans son discours ou son attitude, la moindre faille qui aurait pu laisser entrevoir une simulation de sa part?
Son attitude me paraissait sincère. Quand je lui ai dit, avant l’audience des assises, “on va avoir un problème avec votre couteau, s’il est bien à vous”, il m’a regardé avec le même air de convivialité que vous en me disant: “oui, c’est vrai, vous avez raison, je vais dire qu’il n’est pas à moi”. Je lui ai alors dit: “attendez, ce n’est pas ce que je vous dis, mais cela ne vous gêne pas?”. Et il m’a répondu: “oui, mais je n’en sais rien… Mais vous avez raison, il vaut mieux dire qu’il n’est pas à moi.”
J’en conclus que si c’était un pervers, il l’était fortement. Et ce n’était qu’un gamin de vingt ans.
Voici un article qui résume fort bien la position des média face “au produit ” ou profit que génère une affaires criminelles. Dominique Baudis Président du CSA qui a été “mis en boite” par les médias qu’il chapeaute, aura t’il droit a son télé-film. Un court métrage sur les dérives cathodique, décortiquant les séquelles que cela laissera a ces figurants”sans cachet”, ces victimes de la société qui n’ont jamais voulu postuler, ni a la Star Acte, moins encore a la montée des marches du Palais… de justice mais y ont été propulser contre leur gré. Lire article sur http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-729634,0.html