Le Cirque Rouge

février 8, 2006

La piste Fourniret surgit dans l’affaire Ranucci

Classé dans : L'affaire Michel Fourniret — rambla @ 6:47

Le Parisien - 19 janvier 2006 par François Vignolle


Le tueur en série Michel Fourniret était dans la région de Marseille lors de l’enlèvement de Marie-Dolores Rambla, en juin 1974. Une vielle affaire, dans laquelle Christian Ranucci a été guillotiné, va être réveillée
.

Incarcéré à la prison de Chàlon-en-Champagne, Michel Fourniret devra abandonner ses nombreuses lectures pour répondre aux différents services de police travaillant sur des crimes non élucidés. Le tueur en série présumé et sa compagne comparaîtront devant une cour d’assises d’ici à la fin de l’année pour les meurtres de sept jeunes filles et pour trois autres affaires de viol ou tentatives de viol. Mais le champ des investigations sur le Forestier des Ardennes ne s’arrête pas à cette dizaine d’affaires.
Ces derniers mois, les policiers de Dinant (Ardennes Belges) ont alertés leurs homologues de Marseille sur la présence de Michel Fourniret dans le département des Bouches du Rhône l’été de 1974. Selon le Quotidien belge « Le Soir », les enquêteurs belges ont immédiatement pensé à l’une des affaires les plus retentissantes des annales judiciaire ; le meurtre de la petite Marie- Dolorès Rambla, 8 ans, enlevée le 3 juin 1974 dans la cité Saint-Agnès à Marseille et retrouvée morte deux jours plus tard dans la garrigue non loin d’Aix. A l’époque, Christian Ranucci, 20 ans, représentant de commerce, avait été arrêté. Celui-ci avait fait des aveux avant de se rétracter. Condamner a mort, il avait été guillotiné le 28 juillet 1976, soulevant une vaste polémique sur sa culpabilité. « Il ne faut la boite à fantasme et habiller Fourniret pour tous les crimes » commentait-on hier prudemment au parquet de Charleville-Mézières où sont concentrés les dossiers du tueur en série. Des vérifications devraient cependant être effectuées pour lever tout doute sur cette affaire comme sur d’autres.
Un vrai manipulateur. Septembre 2003, Michel Fourniret est entendu par les policiers de Dinant après sa tentative de séquestration sur une adolescente trois mois plus tôt. A cette date, Monique Olivier n’a pas encore révélé le passé criminel de son mari. Les enquêteurs devinent que celui qui les toise est « un sérieux client » Trop rusé, trop manipulateur à leur goût.
L’interrogatoire porte sur sa biographie ; ses domiciles, son parcourt professionnel mais aussi ses lieux de vacances. L’artisan des Yvelines leur glisse plusieurs destinations dont la région de Berre (Bouches du Rhône) qu’il a parcourue durant les étés de 1970, 1971, 1972, 1973,1974. Michel Fourniret admet avoir acheté une carabine dans cette région en 1966.
Intrigué par cet épisode et le spectre de l’affaire Ranucci, les policiers de Dinant auront des échanges téléphoniques avec leurs collègues français selon une source judiciaire belge.
D’après nos informations, Michel Fourniret, âgé de 32 ans en 1974, possédait cette année-là une Peugeot 304 immatriculée en Seine-Saint-Denis. Un véhicule presque similaire à la Peugeot 304 coupé de Ranucci mais différent de la « Simca 1100 de couleur grise » qui avait été aperçue par le frère de la victime et un garagiste tout près du domicile de Marie Dolorès. D’après les aveux de Monique Olivier, le premier meurtre de Michel Fourniret – celui d’Isabelle Laville à Saint-Cyr-les-Colombs- date du 11 décembre 1987. Michel Fourniret serait seulement passé à l’acte après son séjour en prison en 1984 pour des viols. La justice sait en revanche que le forestier des Ardennes a été condamné en 1963 pour des attouchements sexuels sur deux fillettes âgées de 6 et 7 ans à Sedan. Une nouvelle condamnation interviendra trois ans plus tard pour des faits similaires. Michel Fourniret aura l’occasion, ces prochaines semaines, de préciser le motif de ses nombreux déplacement en France durant ses quarante années d’activité professionnelle. Si toutefois il y consent.

« Cette hypothèse doit être vérifiée »
Gilles Perrault
, romancier, auteur de la contre-enquête « Le Pull-over rouge »

- Vous êtes certain que Christian Ranucci, qui a été guillotiné pour le meurtre de Marie-Dolores Rambla était innocent. Que se serait-il passé ?
- G.P
: Je suis convaincu que Christian Ranucci, qui était saoul après une soirée très arrosée, a d’abord eu un accrochage en voiture et a ensuite rencontré fortuitement l’homme au pull-over rouge, le véritable meurtrier. Ce dernier a ensuite mis les choses en scène pour confondre Ranucci. D’après plusieurs témoignages, l’homme au pull-over rouge roulait en Simca 1100, était plutôt costaud, brun, de taille moyenne et il avait une trentaine d’année. Autan d’éléments qui ne collent pas avec Ranucci.

- Les enquêteurs belges ont transmis à la justice française l’information selon laquelle Michel Fourniret, qui avait 32 ans à l’époque, était dans la région de Marseille en ce début d’été 1974… à bord d’une Peugeot 304. Qu’en pensez-vous ?
- G.P :
Cette hypothèse doit être vérifiée. Je n’ai évidemment aucune information particulière, mais il est vrai que l’arrière de la 304 ressemble à la Simca, que Michel Fourniret avait 32 ans à l’époque, qu’il est brun et de taille moyenne. Ce sont des éléments suffisants pour reprendre l’enquête. Des vérifications devraient avoir lieu… G .P : J’en doute fort. Je ne vois pas les policiers français se jeter avec enthousiasme sur cette enquête qui, à l’époque, avait été bâclée par la police marseillaise. Et puis, Christian Ranucci a été guillotiné et sa grâce a été refusée par un président de la République qui est encore en vie. La tentation sera donc grande à mon avis, de laisser tomber. Propos recueillis par LV.

Mon commentaire : Je lis avec stupéfaction les propos diffamatoires de Perrault. Plus surprenant, pour faire entrer Michel Fourniret dans « son dossier idéal de contre enquête du Pull-over rouge, Gilles Perrault déclare, après trente ans, de dénégations, s’être fourvoyé ! Qu’effectivement, l’arrière d’une Simca 1100, ressemble à s’y méprendre à une 304 Peugeot ! Chercher l’erreur. Mon fils, n’a par ailleurs jamais parlé d’une Simca 1100, pas plus que d’une 304 Peugeot.
Mais d’une « voiture grise » ainsi qu’en atteste le PV de police !

La Provence 20 janvier 2006 par Philippe Larue

L’étrange parcours de Fourniret en Provence

Les enquêteurs belges ont été alertés par la présence du tueur en série présumé en 1974, au moment de l’affaire Rambla.
Ranucci après des premiers aveux, avait nié et affirmé son innocence aux assises. Comme ses avocats, Me Lombard et Le Forsonney qui avaient bataillé en vain. Le véhicule de Fourniret ressemblait à la Peugeot 304 coupé de Ranucci. Aujourd’hui ils ont annoncés qu’ils allaient demander des vérifications à la justice. Cependant, le procureur de Charleville-Mézières, Francis Nacbbar, qui chapeaute le dossier se garde « d’ouvrir la boite à fantasmes » et démentait hier les recoupements faits entre le dossier Fourniret et Ranucci. En tout cas, le parcours de Fourniret en Provence comporte des Mystères.

Me Lombard : « Je vais demander des vérifications »

Me Paul Lombard avait défendu en vain Christian Ranucci avec Me Jean-francois Le Forsonney. Il a du l’accompagner jusqu’à la guillotine aux Baumettes. Hier, il a appris par la presse les recoupements possibles être l’affaire Ranucci et le dossier Fourniret. Hier l’avocat marseillais se voulait prudent mais résolu. En effet s’il connaît parfaitement les failles du dossier qu ont valu la peine de mort à son client, il s’est plongé dans le dossier Fourniret, puisqu’il est partie civile pour deux victimes. « Toutes les pistes qui peuvent conduire à la vérité doivent être explorées, assure t’il. Cela dans le but d’une nouvelle action en révision puis en réhabilitation. Mais je vais avancer prudemment. La mère de Christian Ranucci a déjà suffisamment souffert comme cela. Je vais saisir très vite les autorités judiciaires et leur demander les vérifications qui s’imposent. » De son coté Me Le Forsonney, qui avait mené la demande de dossier en révision en 1991, attendait d’en savoir plus pour agir.

Mon commentaire : J’aimerai que l’on m’explique comment des policiers Belge qui ne sont sûrement pas, a première vue, des Fans de l’histoire criminelle française, ont bien pu, avoir un doute aussi fort dans cette affaire, et qu’ils ont instinctivement penser que Le Pull over rouge retrouvé abandonné au fond d’une champignonnière trente ans auparavant appartenait à coup sur, à Michel Fourniret ! Cela a un fort relent de polard de série B… Et c’est pour en avoir le cœur net que j’ai déposé une plainte pour dénonciation mensongère sur la base de l’article 434-26 contre X, au sujet de la prétendue implication du dénommé Fourniret dans le meurtre de ma fille. Je dépose cette plainte pour pouvoir déterminer comment cette « information », qui parait-il, est parvenue aux Policiers Belges, a été élaborée.

La Provence 27 janvier 2006 Par Philippe Larue


Michel Fourniret assure être victime « d’acharnement ».

Michel Fourniret, en réaction au troublant cliché pris lors du procès Ranucci en 1976 a déclaré pouvoir « fournir des éléments sur cette période de sa vie ».

Alors que des clichés d’archives montrent un homme qui lui ressemble beaucoup au procès Ranucci , le tueur en série présumé, lors d’une audition hier, a nié avoir été à Aix lors des audiences.

Michel Fourniret a eu le temps de s’intéresser à « son » actualité avant d’être entendu par le juge d’instruction à Charleville-Mézières (Ardennes). Il a pris connaissance des informations de la Provence reprises par de nombreux médias selon lesquelles une photo prise au procès Ranucci en 1976 et publiée montre un homme qui lui ressemble beaucoup. Le tueur en série présumé, était entendu sur l’affaire Isabelle Laville, disparue à Auxerre en 1987 et sur le dossier Fabienne Leroy en 1988 à Mourmelon. Mais selon l’un de ses avocats, Me Philippe Jumlin, il a tenu, avant d’être interroger à évoquer « l’affaire de la photo ». Il a dit qu’il était victime d’acharnement de la part du parquet de Dinant, explique son défenseur. Il tenait à faire passer ce message. Il estime que la justice Belge « frustrée » est à l’origine de ces racontars ». Il dit qu’il était dessinateur projeteur à Paris au moment du procès Ranucci et qu’il retapait une maison. Il est prêt à fournir des éléments sur cette période de sa vie. »

Les magistrats de Charleville-Mézières, désormais en charge des 10 dossiers de meurtres, de viols et de tentatives de viols, ont pris acte. Mais la justice française dispose désormais des clichés de 1976 qui lui ont été transmis par le parquet de Dinant. Les enquêteurs qui connaissent le dossier ont étés troublés par ces photos parues dans le Soir, le quotidien provençal de l’après midi. Ils savent que Fourniret joue parfois la transparence sur certains des meurtres dont il est accusé et qu’il louvoie sur d’autres affaires. Ainsi sa deuxième femme, Nicole Fourniret a assuré hier, n’avoir jamais été au courant de voyages dans le Sud de la France dans les années 1970 qui apparaissent dans le dossier biographique en Belgique. Me Lombard, l’un des avocats de Christian Ranucci, exécuté en juillet 1976 pour le meurtre de Maria Dolorès Rambla a annoncé hier qu’il avait fait une requête auprès du parquet de Charleville pour que « l’inconnu de la salle des pas perdu » qui ressemble à Fourniret soit identifié formellement.


La Provence 28 janvier 2006

Le procureur n’a pas reconnu Fourniret.

Même si les enquêteurs belges se sont dits « troublés » par les photos d’un homme ressemblant à Michel Fourniret présent au procès Ranucci à Aix, en 1976, la justice française n’a pas le même sentiment devant ces clichés retrouvés dans la documentation de notre journal ( la Provence d’hier et d’avant-hier). Francis Nachbar le procureur de Charleville-mézières, où est désormais centralisé l’enquête sur le tueur en série présumé, a reçu les documents. Mais il a estimé que l’inconnu de la salle des pas perdus » à la cour d’assise présente une « vague ressemblance » avec li mais que selon lui ce n’est Michel Fourniret ». Il a ajouté « qu’aucun élément nouveau ne permet actuellement de dire que Michel Fourniret était dans la région de Marseille en 1974. Maria Dolorès Rambla avait été enlevé à Marseille et tuée le 3 juin 1974.

Vérifications

Cependant, au-delà d’un simple sentiment, Francis Nachbar a contacté ses autorités de tutelle au ministère de la justice pour savoir dans quel cadre il peut demander des expertises sur ces photos parues dans le Soir de Marseille et aller vers une véritable identification de l’inconnu. La présence de Michel Fourniret si c’est lui, ne prouverai en aucune façon son implication dans le meurtre de la petite Rambla. Mais il s’agirait, comme le dit un enquêteur, d’une « extraordinaire coïncidence ». Le tueur en série présumé, par l’intermédiaire de son avocat Me Jumlin a réagi à nos informations en assurant qu’il était « victime d’acharnement de la part de la justice Belge ». Il est mis en examen pour sept meurtres et trois viols et tentatives un peu partout en France et en Belgique. Philippe Larue.

Mon commentaire : sur les erreurs - Ma fille se prénomme Marie Dolorès et non Maria !

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